Le Sapin de Noël est
associé traditionnellement à la période de la fin de l'année. Il est cité en
Alsace au 16ème siècle et porte en lui des caractéristiques qui montrent
qu'il est à la convergence de plusieurs traditions. Vous verrez que les
protestants jouent un rôle dans son exportation et que les nobles anglais en
feront aussi la promotion au 18ème siècle.Il est associé à la période du
solstice d'hiver dont la date varie entre le 20 et le 23 Décembre.
La fête de Noël qui se fixera le 25 Décembre dans le monde chrétien
correspond à cette période solsticiale où le jour va à nouveau grandir.
Cette renaissance du jour est à mettre en parallèle avec la naissance de
Jésus qui apporte la lumière à l'esprit des hommes; choix symbolique d'une
date calendale plus que date d'une naissance avérée ce jour là. Il était d'usage de
couper des branches trois jours avant, branches qui protègeraient par leur
offrande la famille contre les mauvais coups du ciel.
On ne peut manquer de rapprocher l'importance de l'arbre avec les notions
d'immortalité et de reviviscence reliées aux mythes anciens qui associaient
les arbres aux divinités, en particulier le chêne lien entre la foudre de
Zeus et la Terre. N'est ce pas sur le chêne que le druide va chercher le
gui, n'est ce pas sous le chêne que Saint Louis rend la justice ? Le gui,
fleur du chêne à l'époque des druides, hémiparasite de nos jours,
correspondait bien à la nouvelle jeunesse et le rite se déroulait
............à la nouvelle année, 6 jours après la Nouvelle Lune dira t-on !
Et le hêtre me direz-vous ? Arbre par Zeus épargné et où ne tombe jamais
la foudre! On l'utilisera pour s'en protéger.
Et aussi ne peut-on mettre en parallèle "l'arbre aux fruits défendus" du
jardin d'Eden avec la tradition du sapin et de ses boules offertes comme
autant de fruits à ne pas toucher ! "Que la pomme est rouge et tentante "
comme dirait Blanche Neige !
Le monde celtique nous montrera que la tradition du solstice veut que
l'on brûle une bûche pendant la nuit pour protéger le clan, bûche de hêtre,
tronc de sapin, l'un protège contre les foudres du mal, l'autre pour la
lumière de son flamboiement qui percera la noirceur d'une nuit si longue.
Mythes enfouis mais qui perdurent dans l'arbre de Noël ou plutôt dans la
bûche de Noël qui, en Provence se mettait dans l'âtre pour la Noël et devait
brûler toute la nuit.
N.B Ne transformez pas le sapin en bûche véritable en allumant de vrais
bougies sur l'arbre !
On la faisait porter par le plus âgé et le plus jeune de la famille. Il
était béni souvent de "vin nouveau" et le cacho-fio réchauffait petits et
grands, le nouveau feu était là. Ses braises et cendres avaient des vertus et on s'en servait
pour les femmes en mal d'enfant montrant encore le lien entre l'arbre et la
renaissance de la vie. On disait même que les charbons de la bûche mis sur
une nappe ne la brûlaient pas ! Allez savoir ! Mais si vous étiez sceptique
gare aux furoncles qui vous menaçaient !
Le bois choisi dépendait des régions, parfois le chêne mais plutôt des
arbres fruitiers qui par l'offrande assureraient une belle année. Le chêne
était parfois délaissé car il donnait des glands et ces derniers étaient
nourriture de cochon; on comprend mieux l'image dégradée du gland de chêne.
Vous avez
tout intérêt à ornementer votre sapin de fruits, de boules, de pièces de
monnaie ! Et mettez des cadeaux dessous, ils sont tombés de l'arbre et ce sera tout
bon pour l'année !
Maintenant que nos cheminées ont disparu, on met les bougies électriques
sur le sapin car les autres pourraient le transformer en cacho fio. Par
contre le cacho fio est sur notre table à la fin du repas sous forme d'une
bûche pâtissière. Vous remarquerez que le modernisme l'a transformée en "cacho
fio à refroidir" car elle est souvent glacée comme les froides nuits
d'hiver, comme quoi les traditions se transforment !
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !
Si on n'est pas plus, que nous ne soyons pas moins ! (L'an prochain !)
Mais avec la bûche à refroidir, il faut se faire du souci ! |